Alcool et nutrition font-ils bon ménage?

Laboratoires Nuvisens, l'alcool et la nutritionSynonyme de fête et de plaisir, les boissons alcoolisées sont ancrées dans la culture des Français. Ces boissons font également partie du quotidien de plus du quart de nos compatriotes. C’est dire si l’alcool peut paraître avec les chiffres comme un aliment ordinaire.

C’est donc d’un point de vue nutritionnel que nous nous sommes penchés sur l’alcool et la nutrition. Que trouve-t-on dans ces boissons ? Les fameux « abdo kro » sont-ils une légende ? Le vin a-t-il vraiment un effet protecteur sur les maladies cardio-vasculaires ? Autant de questions qui méritent quelques explications. A votre santé !!!

1. Quelques chiffres

Un français boit près de 100 litres de boisson alcoolisée par an. Pour faire une comparaison, nous ne buvons que 60 litres de boissons sucrées par an et ce chiffre déclenche déjà des débats exacerbés chez les nutritionnistes. On comprend aisément en comparant ces chiffres qu’il est important de faire un point sur les conséquences nutritionnelles de l’alcool. Nous laisserons aux médecins le soin de vous narrer les problèmes liés à l’alcoolisme, et nous nous attarderons aux conséquences liées à une consommation plus modérée, du moins pour ceux qui en boivent, ce qui représente tout de même plus de 70% de la population française.

2. Que trouve-t-on dans les boissons alcoolisées ?

Les boissons alcoolisées sont issues de la fermentation du jus de fruits, grains ou racines (betterave). Les sucres sont transformés en éthanol par les microorganismes fermenteurs. Lorsque la boisson n’est pas distillée, on retrouve des éléments du produit de départ. Par exemple dans le vin et dans le cidre on retrouve des polyphénols, bien connus pour leur pouvoir antioxydant, ou on peut noter que la bière est riche en vitamines et minéraux. Cependant, on ne retrouve pas ces éléments dans les boissons distillées (whisky, Rhum, Vodka, …).

Les boissons alcoolisées sont également composées de sucre car il n’a pas été intégralement transformé en éthanol. Mais on trouve également du sucre ajouté par les producteurs et industriels. En effet, l’ajout de sucre permet d’une part de contrôler le taux d’alcool, mais il permet également de jouer sur le goût.

Ce dernier n’est d’ailleurs pas le seul additif que l’on peut trouver dans les boissons alcoolisées. Certains servent à améliorer la conservation comme les sulfites que l’on trouve dans le vin. D’autres sont utilisés pour améliorer la qualité de la mousse, la finesse des bulles et même le goût comme dans le plus connu des vins blancs à bulles. Rassurez-vous, la teneur en additif est strictement réglementée et est souvent infime.

3. Alcool et balance énergétique

L’alcool n’est pas un élément essentiel à la vie. Pour votre organisme, il ne sert… à rien ! Il est pourtant absorbé par votre corps qui n’aura de cesse que de l’évacuer. Une partie est évacuée par les poumons. C’est d’ailleurs pour cette raison que la maréchaussée vous demande de souffler dans un ballon pour vérifier votre alcoolémie. Mais la majorité est évacuée dans les urines après une transformation dans le foie. L’enzyme nécessaire à sa métabolisation est présente dans le corps en très petite quantité. C’est pour cette raison que l’alcool s’évacue si lentement de l’organisme (0.15g par heure). Mais surtout, cette réaction crée de l’énergie. L’alcool apporte ainsi 7 kcalories par gramme. Plus que le sucre…

Les boissons alcoolisées contiennent de l’alcool et du sucre. Ces boissons sont donc très caloriques.

La consommation de ces boissons se ressent d’ailleurs de manière non négligeable dans la balance énergétique. Selon l’étude INCA 2, elles représentent 3% de l’apport calorique journalier chez les femmes et 9% chez l’homme. Ce constat a poussé certains experts à étudier la relation entre la consommation d’alcool et le poids.

4. Alcool et régimes

L’alcool étant très calorique, les experts ont  pensé que la consommation d’alcool favorisait la prise de poids et l’obésité au même titre que les boissons sucrées. Les sujets étant nombreux, des études épidémiologiques ont été lancées afin de valider cette hypothèse.

Les médecins savent depuis longtemps que l’alcoolisme s’accompagne de dénutrition pour des raisons médicales et socio-économiques. Mais qu’en est-il des consommateurs modérés ? On entend par consommateur modéré une personne consommant entre 1 et 3 verres d’alcool par jour. Une synthèse récente des études épidémiologiques sur le sujet a montré qu’il n’y avait pas de relation entre la consommation d’alcool et la prise de poids. Ceci impliquerait que l’alcool ne fait pas grossir contrairement à la logique. Certaines études ont même montré un amaigrissement modéré chez la femme. Les raisons sont obscures, cependant on peut dire une chose : la consommation d’alcool entrainerait des dépenses énergétiques qui compenseraient ses propres apports.

Une étude réalisée spécifiquement chez les buveurs de bière a montré que la prise de poids était surtout due aux spécialités consommées avec la bière et pas à la bière elle-même. Le mythe des « abdos Kro » prend donc du plomb dans l’aile.

Les boissons alcoolisées ne sont donc pas forcément mauvaises pour votre régime, mais attention : à boire avec modération.

Attention : en aucun cas nous ne souhaitons mettre en avant la consommation d’alcool pour perdre du poids. Ces études restent à confirmer, mais surtout, la consommation d’alcool même modérée est un facteur de maladies et de surmortalité.

5. Alcool et bienfaits

On entend souvent parler des bienfaits du vin et du french paradoxe. On utilise également la levure de bière comme complément alimentaire. L’alcool aurait-il des propriétés bénéfiques pour l’organisme ? A part ses propriétés antiseptiques, l’alcool n’a pas vraiment d’action intéressante. Par contre, certains composants des boissons alcoolisées pourraient bien en avoir.

La levure de bière est effectivement riche en vitamines et minéraux. Quand au vin rouge, il contient des polyphénols issus du raisin aux propriétés intéressantes. Des études ont bien montré un effet protecteur sur le système cardiovasculaire. Ces molécules favoriseraient le « bon cholestérol » pour une consommation d’un verre de vin par jour.  Des études sur les bienfaits des polyphénols  contenus dans le cidre et issus de la pomme sont également en cours.